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La mobilité touristique est souvent présentée comme une confrontation à l’altérité, l’opportunité de découvrir à travers le voyage de nouveaux horizons, les diversités d’un pays, toutes les nuances et curiosités d’une destination. La mondialisation du tourisme signifie-t-elle une mondialisation de la culture et du patrimoine ? Et quelle place, tiennent la culture et le patrimoine dans le développement du tourisme à l’international ?
Ce questionnement nous interpelle particulièrement à l’heure où les sociétés européennes et occidentales sont particulièrement prises dans une dynamique du « tout patrimoine ». Qu’en est-il des autres pays du Monde et tout particulièrement des nouveaux pays touristiques ? La notion de « patrimoine » est-elle universelle ou non ? Quels en sont le sens et les réalités selon les sociétés ? Ou est-ce une idée occidentale qui se diffuse ou qui évolue, captée, modifiée par d’autres ailleurs ?
À un autre niveau, comment culture et patrimoine s’associent-ils pour former un couple de la mondialisation touristique ? Qui en constitue le moteur : la culture prise dans son sens général ou le patrimoine en tant que singularité ? Que recouvre chaque notion ? Pour beaucoup de visiteurs, la notoriété touristique d’un pays repose sur sa qualité culturelle et patrimoniale. S’intéresser à la mondialisation du tourisme suppose-t-il donc de considérer la culture et le patrimoine comme des éléments incontournables ?
Pour poursuivre et compléter cette réflexion, nous pouvons changer de focale et observer à l’échelle des pays, cette relation tourisme/culture/patrimoine. En effet, quelque soit les efforts engagés, bien souvent seuls quelques hauts lieux tirent leur épingle du jeu en attirant véritablement les foules. Qu’en est-il réellement dans les différents pays ? A l’échelle du monde les clichés culturels semblent avoir la dent dure. La visite du Maroc passe-t-elle seulement par Marrakech ? Paris pour la France ? Angkor pour le Cambodge ? Cela signifie qu’une minorité de lieux concentrés en un même endroit connaissent des problèmes de surfréquentation, alors qu’il en est des centaines, voire des milliers qui dans le reste du territoire manquent de visiteurs. Tout se passe comme si l’ensemble d’un pays se résumait à une ville, à un unique joyau, rejetant dans l’ombre les autres particularités régionales. La quête culturelle dans le tourisme ne serait-elle pas un leurre, une illusion ?