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La mondialisation néo-libérale vient de connaître de sérieux ratés. La crise financière et la crise économique qui s’en est suivie mettent en évidence les lacunes et les limites de la déréglementation et du retrait de l’État dans plusieurs secteurs de la vie économique des nations.
Ces vingt dernières années, le tourisme a connu dans plusieurs pays industrialisés une transformation profonde du cadre institutionnel. Les maîtres-mots de ces dernières années sont : déréglementation, privatisation, décentralisation, partenariats publics-privés, rationalisation. Plusieurs États ont revu leur mode d’action dans le secteur du tourisme au point de modifier sensiblement les organismes publics d’intervention. Mais si le Québec a renoué en 2005 avec la structure classique d’un ministère du Tourisme, la France voit maintenant disparaître la Direction du tourisme et une nouvelle structure, l’Agence de développement touristique, se crée sur les bases d’un rapprochement d’ODIT France et de Maison de La France.
Que signifient ces changements de structures ? Notre réflexion portera sur la place de l’État et, plus globalement, des pouvoirs publics dans la mondialisation du tourisme. La règlementation a-t- elle toujours sa raison d’être ? Si elle fut malmenée dans un passé récent, on semble lui reconnaître maintenant de nouvelles vertus. Mais comment peut-elle se réaliser devant la montée fulgurante de l’Internet et du E-commerce ? Comment assurer la protection des consommateurs touristes et des communautés d’accueil ? Quels rôles peuvent jouer les régions et les collectivités locales ?
La transformation des structures étatiques ne fait pas foi de tout et il faut aussi regarder du côté de l’élaboration des politiques publiques. Le secteur du tourisme n’est-il pas propice à des innovations sur ce plan notamment dans le sens de la co-construction des politiques avec la société civile à tous les niveaux (local, régional, national et international) ?